Retour sur nos Nuits des étoiles 2019

Les deux soirées des Nuits des Etoiles, les 02 et 03 août 2019, furent un immense succès : plus de 700 personnes sont venues observer le ciel autour de l’observatoire d’Amboise.

8 télescopes ou lunettes étaient installés pour offrir aux visiteurs une expérience inoubliable.

Jupiter et Saturne furent les 2 vedettes de la première partie de soirée et puis, lorsque le ciel fut bien sombre, ce furent : les amas globulaires M13, M92 dans la constellation d’Hercule, M57 dans la Lyre, l’étoile double Albiréo du Cygne et ses deux couleurs bien distinctes, etc.

Constellation du Cygne – Source Wikipedia

Un peu plus loin, sous le barnum, des expositions et des animations ont permis aux curieux :

  • de découvrir le système solaire avec une sphère armillaire,
  • de connaître le secret des saisons,
  • de comprendre le fonctionnement d’un télescope,
  • d’explorer les mystères de l’univers à travers une série de posters,
  • de suivre une vidéo commentée sur les pierres de l’espace (support fourni par l’AFA).
  • de découvrir les pierres de l’espace par une histoire (pour les enfants) racontée par le Petit Prince créé par Aurélie RENARD. 

Et il y avait aussi un coin réservé aux plus jeunes pour découvrir le système solaire et s’initier à l’astronomie.

Le club d’astronomie de St Ouen-les-Vignes a su, encore une fois, faire partager sa passion à un public nombreux et enthousiaste.

Rendez-vous l’année prochaine !

Philippe B.

On the moon again en Amboisie – Retour en images

Les astronomes amateurs du club de St Ouen-Les-Vignes ont organisé 2 soirées d’observation 🔭 sur Amboise et ses alentours, les 12 et 13 juillet 2019.

Cette manifestation s’inscrivait dans la célébration des 50 ans 🎂 du 1er pas de l’Homme 👨‍🚀 sur la Lune 🌝. L’événement nommé « On the moon again » a été lancé par la Société Française d’Astronomie et s’est étendu à de nombreux pays.

Le public est venu nombreux sur l’Île d’Or, la Fontaine Max Ernst, le stade de Pocé-sur-Cisse et à St Ouen les Vignes. La Nouvelle République a publié un bel article sur cette initiative.

Sur l’Île d’Or
A la fontaine Max Ernst

Les Amboisiens et les touristes en provenance de France 🇫🇷, d’Espagne 🇪🇸, d’Italie 🇮🇹, d’Allemagne 🇩🇪, de Grande-Bretagne 🇬🇧 et de Taiwan 🇹🇼 ont observé la vedette la Lune 🌝, mais aussi Jupiter et Saturne lorsque le ciel fut noir.

A l’Île d’Or, belle vue sur le château d’Amboise

Sur les photos on peut voir les bénévoles à la manœuvre et d’autres qui répondent aux questions des curieux, sur l’Ile d’Or : Alain D, Michel L, Philippe B et près de la fontaine : Jean-François D, Alain LG, Louis dC, Michel R.

Alain L. prêt à expliquer les mystères de la Lune aux nombreux touristes et amboisiens.
Michel L. concentré lors de la mise en station de son instrument.
De nombreux touristes et amboisiens en train d’observer la Lune.

Merci à Alban B et Brigitte B pour leurs belles prises de vues.

Philippe B.

Énorme succès à l’observatoire d’Amboise pour l’éclipse de Lune

Vendredi 27 juillet 2018, plus de 500 personnes ont rejoint l’équipe d’animation du club de St-Ouen-Les-Vignes pour admirer ensemble l’éclipse totale de lune. Les débuts furent difficiles car la couche nuageuse était persistante mais, vers 22h30, la Lune sombre apparut au Sud-Est.

Les visiteurs ont ainsi pu admirer la fin de l’éclipse que l’un des membres du club a pris en photo. Ils ont également pu profiter des télescopes et lunettes à leur disposition pour observer Vénus, Jupiter, Saturne et Mars.

Fin de la totalité de l’éclipse de Lune – Pose de 0.5 seconde à 800 iso, au foyer de l’ instrument ( f/d: 9.2), mise au point manuelle et rapide. © Pascal J.

Nous invitons tous les participants à revenir le Vendredi 03 août à partir de 21h30 pour profiter du ciel dans le cadre des Nuits des Etoiles.

Philippe B.

Sortie conférence « 100 ans de cosmologie : la naissance du Big-Bang », le 11 Octobre 2016

Conférence présentée par Richard TAILLET, Professeur des universités au Laboratoire d’Annecy-le-Vieux de Physique Théorique (LAPTh). 

Richard Taillet est un ancien élève du lycée Descartes, c’est donc avec plaisir qu’il retrouvait le lieu de ses études. 

L’année 2017 marque le centenaire de la cosmologie, science qui étudie l’Univers et son évolution.

C’est en effet en 1917 que les deux physiciens Albert Einstein et Willem de Sitter, pour des raisons très différentes, proposent une description de notre Univers s’appuyant sur la toute nouvelle théorie de la relativité générale.

Albert Einstein (debout à gauche) et Willem de Sitter (assis à droite)

Depuis, la cosmologie a connu de nombreuses évolutions, quelques révolutions, autant sur le plan théorique qu’expérimental. Elle permet aujourd’hui de comprendre la formation des éléments qui composent notre entourage, la formation des galaxies, ainsi qu’un grand nombre de faits observationnels troublants. Ce siècle d’histoire a été traversé par des succès et des impasses, dans de nombreux domaines de la physique.

Richard Taillet a parcouru les 100 ans de recherche qui ont abouti à la théorie du Big-Bang. Au cours de ce siècle passé de grandes figures de la physique et de l’astronomie ont fait progresser notre connaissance de l’univers :

  • Albert Einstein (1915) décrit l’univers comme un système physique dont l’évolution est décrite par la relativité générale.
  • Willem de Sitter (1917) évoque la possibilité d’un univers en expansion, sur la base des travaux de la relativité générale d’Einstein.
  • Edwin Hubble (1920) décrit les nébuleuses et leur éloignement de la galaxie avec une vitesse proportionnelle à leur distance.
  • Alexandre Friedmann (1922) a, le premier, publié une théorie de l’expansion de l’Univers.
  • Georges Lemaître (1927) établit que l’univers est en expansion puis émet ensuite une « théorie de l’atome primitif », début temporel de l’univers. Cette théorie fut appelée ironiquement Big Bang par Fred Hoyle en 1949.
  • George Gamow et Ralph Alpher publient, le 1er avril 1948 (c’est important !), un article capital sur la formation des éléments au cours des premières phases de l’expansion de l’Univers, participant ainsi à l’élaboration de la théorie du Big Bang.Ils démontrent que les quantités actuelles de l’hydrogène et l’hélium dans l’univers peuvent être expliquées par les réactions nucléaires qui ont eu lieu durant le Big Bang.Gamow inclut dans les signataires Hans Bethe, qui n’a aucunement participé à la rédaction de l’article, juste pour faire un jeu de mot sur les auteurs : Alpher, Bethe et Gamow (alpha, bêta et gamma…), prouvant, une fois de plus, son caractère facétieux.
  • Arno Penzias et Robert Wilson (1964) fournissent une confirmation de la théorie du Big Bang en observant le fond diffus cosmologique.

Philippe B.

Sortie conférence « Trous noirs et ondes gravitationnelles », le 13 Octobre 2016

Conférence présentée par Eric GOURGOULHON du Laboratoire Univers et Théories (LUTH) à l’Observatoire de Paris. 

Liens :

Note : le dernier lien permet d’accéder à la présentation faite à Clermont-Ferrand, mais elle est identique à celle présentée à Tours. 

Les trous noirs

Définition : un trou noir est un objet intensément dense (compact), exerçant une attraction (gravité) si forte qu’il empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper : aucune lumière n’est émise du trou noir, c’est pour il est noir !

[Alain Riazuelo, 2007]
Mais pourquoi la lumière ne peut-elle s’échapper ?

Tout objet ou particule pour s’extraire de la gravité doit libérer une poussée suffisante pour s’écarter de sa planète ou de son étoile.

La vitesse de libération (Vlib) d’un objet est égale à  où est la masse de l’objetson rayon et la constante de Newton. Pour nous sur Terre, Vlib doit être supérieure à 11 km/s pour avoir une chance de décoller, c’est le cas d’une fusée.

Donc la lumière ne peut s’échapper d’un trou noir que si Vlib était supérieure à la vitesse de la lumière (300 000 km/s). Il suffit que le rayon d’un objet TRES dense soit TRES grand (ex : > 500 fois le Soleil) pour que la vitesse de libération nécessaire soit plus grande que 300 000 km/s. La lumière auprès d’un tel objet compact est piégée.

John Michell (1738) et Pierre Simon de Laplace (1796) ont eu l’intuition de l’existence des trous noirs. Henri Poincaré et Albert Einstein, en 1905, ont commencé à théoriser les supports mathématiques de l’existence des trous noirs, notamment avec la théorie de la relativité générale.

C’est en 1907, qu’Hermann Minkowski proposera la réunion de l’espace (3 dimensions) et le temps en un « continuum espace-temps ». Le trou noir devient alors un objet céleste possible théoriquement.

Le terme de « trou noir » a émergé, dans le courant des années 1960, par l’intermédiaire du physicien américain Kip Thorne. La première observation d’un objet contenant un trou noir fut celle de la source de rayons X Cygnus X-1 par le satellite Uhuru en 1971.

Les trous noirs ne peuvent se concevoir qu’à partir de la relativité générale et de l’existence de l’espace-temps à 4 dimensions : devant-derrière, gauche-droite, haut-bas et le temps qui s’écoule.

L’expérience de Hafele et Keating, en 1971, a définitivement mis en évidence que le temps s’écoule différemment selon la position et le déplacement de l’observateur.

Ils ont placé deux horloges atomiques dans des avions se déplaçant 48h autour de la planète et constaté un décalage de 0.15 msec par rapport à celle restée sur le sol. Ce décalage des temps est dû à la gravitation.

Dans notre vie de tous les jours, nos GPS tiennent compte de ce décalage des temps envoyés par les satellites, sinon nous aurions une erreur de 28 km.

Un trou noir est une singularié de courbure de l’espace-temps. Il déforme l’espace-temps et dilate le temps près de lui. Il a par conséquent un effet sur la propagation de la lumière dans l’espace en déviant la trajectoire des rayons lumineux.

Contrairement aux idées reçues, les trous noirs ne sont pas :

  • des aspirateurs universels de matière, la matière peut rester en orbite autour des trous noirs en formant un disque d’accrétion;
  • des objets extrêmement denses, mais ils contiennent du vide.

Les physiciens sont capables de décrire le trou noir avec un seul modèle mathématique (Théorème d’Unicité) et deux variables : masse du trou noir et son moment cinétique (rotation). Son rayon se mesure en calculant la surface de l’horizon des évènements. Il existe dans l’univers deux types de trous noirs :

  • les trous noirs stellaires, restes de supernovæ;
  • les trous noirs super massifs au centre des galaxies.

Comment peut-on les voir ?

L’observateur peut voir le disque d’accrétion de la matière près du trou noir.

Images calculées par J.-A. Marck [Marck, CQG 13, 393 (1996)]
La partie jaune est le disque d’accrétion. Le cercle au centre est l’horizon des évènements, après c’est l’inconnu. Si on la traverse, impossible de revenir !

Les trous noirs sont une source d’énergie incroyable. Ils peuvent libérer 42% de l’énergie de la matière (42% de Mc²), comparé à une réaction thermonucléaire qui ne libère que 1% de l’énergie contenue dans le cœur radioactif.

Le plus célèbre et étudié des trous noirs est celui positionné au centre de notre galaxie (Sgr A*). Il est observé en interférométrie grâce aux télescopes VLBI (USA), ALMA et VLT (Chili).

Les ondes gravitationnelles

Ce sont des vibrations de l’espace-temps. Tous les objets célestes « baignent » dans cette « Jelly » intergalactique sans consistance. Lorsqu’un évènement de taille cosmique survient, comme la fusion de deux trous noirs, l’énergie libérée fait vibrer le tissu de l’univers et se propage dans tous les sens. Lors du passage sur Terre, l’espace-temps se met à osciller : le temps se raccourcit puis s’allonge comme un ressort pour revenir à la normal (Ouf !).

Pour les astrophysiciens, les ondes gravitationnelles, mises en évidence récemment par le LIGO aux USA et le VIRGO en Italie, seront une nouvelle façon de voir l’univers et d’observer les trous noirs ou tout autre objet massif. Même une installation comme Nançay va pouvoir détecter les ondes gravitationnelles en chronométrant les pulsars.

Alain L. et Philippe B.